
Cet essai prospecte le remplacement minutieux du réel par la chose abstraite. Voulue parcimonieusement par dame nature il y a quelques centaines de millions d’années, elle est relayée et abondamment augmentée par Sapiens depuis son arrivée dans les parages, mortifiant ainsi tous les repères du vivant, à commencer par lui-même.
Une formidable anomalie,
Hamoir, courant 2026.
Couleurs et noir et blanc, 20x26 cm,
88 pages.

Ce deuxième ouvrage sur la question du temps imparti au jeune pour répondre à une consigne scolaire suit le même modus operandi que son prédécesseur. Beaucoup plus complet, son champ de prospection s'est élargi à diverses écoles supérieures en Belgique et en France. Il est radicalement orienté vers les dommages collatéraux subis par nos jeunes pour la gestion des délais imposés par les équipes pédagogiques. Cet ouvrage, réalisé avec la pleine participation des intéressés, vaut pour une évaluation des enseignements par les étudiants (EEE).
Le temps pédagogique - Saison 2,
Hamoir, sortie prévue en 2026-27. Couleurs, 20x26 cm, ?? pages.
Dans la première partie, nous allons voir que le temps pédagogique du jeune à l’école, ce temps imparti pour répondre à une consigne entame sérieusement la qualité de son travail...
Puis, dans la deuxième partie, nous verrons que la parole des jeunes n’est toujours pas prise en compte à l’école. Ces deux articles, réalisés avec la participation pleine des jeunes, posent une question cruciale (en filigrane) : à qui profite l’institution scolaire ? Aux étudiantes et aux étudiants ? Vraiment ?
Voir Conférences
Le temps pédagogique,
Hamoir, 2024,
couleurs, 20x26 cm,
44 pages. 30 euro.
Nous sommes peu nombreux à être passés entre les mailles du filet du tout au langage des mots. Nous sommes encore moins nombreux à avoir pu résister aux sirènes de la Raison seule. Deux textes courts proposent une remise en perspective et une dénonciation de pratiques méprisantes qui tendent à restreindre les sensibilités des femmes et des hommes pour le seul pouvoir des promoteurs du langage abstrait par les mots et par les chiffres, à qui nous devons rappeler que les mots ne racontent pas toutes les histoires du monde !
Le livre prolonge la réflexion entamée dans le Bénéfice du doute.
Votre dessin m’a beaucoup aimé,
Liège, 2020,
couleurs et noir & blanc, 20x26 cm,
40 pages, 25 euro.
C’est paradoxal, mais j’écris pour redonner une place à l’image, et par la même occasion, pour relativiser celle du mot. J’écris pour faire de la place au poétique et pour limiter un peu celle du prosaïque. Prisme de mon observation, j’écris pour l’intuition & pour la Raison à parts respectables : sentir & comprendre, c’est sans dilemme, les deux sont requis ! à défaut d’un meilleur équilibre entre toutes ces couches, nous poursuivrons notre chemin d’estropiés, d’amputés par une large partie de nos sens.
Le bénéfice du doute,
Liège, 2019,
couleurs, 20x26 cm,
250 pages, 45 euro.
S’instruire fatigue, c’est une évidence. S’il est vrai que l’on n’arrive nulle part sans effort, jamais s’instruire ne peut engendrer une souffrance. Les « pédagogues noirs » voudraient nous faire croire qu’adolescent, faire la vaisselle quotidiennement fera naître chez l’adulte qui sommeille en lui le désir irrépressible de faire la vaisselle avec amour et compassion trois fois par jour ! Là pour le coup, je ris à gorge déployée... Ces tristes sires voudraient nous faire croire qu’il faut souffrir pour être beau ! Ha ! Ha ! Ha ! Arrêtez, je n’en peux plus !
La pédagogie noire,
Liège, 2023,
Noir et blanc, 20x26 cm,
16 pages. 20 euro.
Cet ouvrage est le complément inspiré d’Une vie discrète (épuisé). Pour parer à cette absence éditoriale, l’ouvrage La maison-entrepôt continue la diffusion de l’information, il est, en quelque sorte, le résumé et le prolongement climatique du premier ouvrage sur le sujet brûlant de notre empreinte carbone.
Voir Conférences
La maison-entrepôt,
Liège, 2023,
couleurs, 20x26 cm,
20 pages. 25 euro.
Il m’est venu l’idée saugrenue de raconter l’histoire consumériste de nos murs, de nos étagères et des choses que nous plaçons délibérément dedans. Pour cela, j’ai compté les objets dans trente-sept cuisines et dans quatre maisons complètes. Deux années d’enquête sont retracées dans cet ouvrage très complet.
Une vie discrète,
Liège, 2021,
couleurs, 20x26 cm,
156 pages.
Réalisé en collaboration avec Bernard Minguet, graveur à Liège. Depuis les débuts de l’imprimerie, la place du texte et des images dans l’édition est fortement inégale. Par l’intercession de la gravure, et par l’analyse de la fabrication des quinze tomes de L’Antiquité expliquée et représentée en figures que Bernard de Montfaucon édite en plein XVIIIe siècle à Paris, plusieurs pistes sont évoquées pour comprendre les ressorts de cette disproportion qui mène les mots au devant du savoir.
Des gravures sous les feux de la rampe,
Liège, 2020,
couleurs, 20x26 cm,
68 pages, 35 euro.
Ces dessins composent un projet urbanistique qui s’étire sur la totalité du cours de la Meuse : en France, en Belgique et en Hollande. Seules les bâtisses sises sur les quais sont dessinées, les arbres, les voitures, les gens, les collines et autres quartiers au loin sont volontairement laissés de côté. L’observation se cantonne aux villes et grosses agglomérations. Tout y est mesuré afin de garantir les proportions de l’ensemble. Les quais de Maastricht, Lixhe, Jupille, Droixhe, Liège, Sclessin, Ougrée, Seraing, Huy, Bouge, Namur, Jambes, Charleville-Mézière sont terminés. Verdun et Dinant sont entamés.
– Projet actuellement en stand by.
Les quais de la Meuse,
Liège, 2008,
noir et blanc, coffret de treize livres accordéons,
édité à neuf exemplaires, 1300 euro.
Cette édition reprend uniquement les quais de la Meuse à Liège.

Pour ralentir l’effondrement des conditions de vie sur Terre je propose une conférence-atelier sur le consumérisme, une animation ludique et interpellante à la fois (plus de quatre-vingt illustrations).
Cette conférence tourne depuis près de dix années (Belgique et France), dans des écoles secondaires et supérieures, dans des festivals et associations, dans des entreprises (team building), dans des centres culturels, … Cette conférence a trois modules distincts au choix : le premier où je visite toute la chaîne de production d’un vêtement de coton (vingt-cinq étapes), le deuxième (plus classique) où je visite la fabrication d’un grille pain. Puis le troisième module où je montre la gestion des espaces dans nos maisons, ce module est spécifique aux architectes et architectes d’intérieurs.
La maison-entrepôt,
nonante minutes, atelier compris.
Prochaine date
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Cette conférence s’est construite sur une enquête réalisée dans trente-sept cuisines où j’ai compté tous les objets, les assiettes, les verres, les fourchettes, ... et aussi sur le comptage de quatre habitations complètes, chambres, séjour, caves, …
Nous voyons, par l’image (plus de cent illustrations) et par les mots, que le temps pédagogique du jeune à l’école, ce temps imparti pour répondre à une consigne, agissant comme une injonction cardinale à laquelle les étudiantes et les étudiants doivent prêter allégeance, entame sérieusement la qualité de leur travail, pour bon nombre de nos jeunes.
Cette conférence atelier est tant prévue pour les jeunes que pour les enseignants des écoles secondaires et supérieures.
Le temps pédagogique,
nonante minutes, atelier compris.


Carnet de route d’un sédentaire n°3
Projet abandonné.
Tricot d’hiver, Jacques Lecrompe.
Fanzine réalisé dans le cadre de mes études supérieures à l’académie royale de beaux-arts de Liège. Cette petite revue de bande dessinée offre un aperçu rapide de quelques auteurs liégeois comme Fabrizio Borrini, Clarke, Marc Hardy, Olivier Saive, Raives, Vink et Warn’s. Il dévoile aussi quelques jeunes étudiants talentueux, Harry Hanneuse, Phil Durant, Andres Canal, Bouli Lanners…
ékwé Chal, Oupeye, 1985.
Noir et blanc, 14x24 cm, 48 pages.

Je ne dessine plus pour gagner ma vie. Le jour, j’enseigne ce que je peux, le dessin comme écriture, l’intuition. Le droit à l’existence, je l’ai gagné en arrachant une fraction de la masse considérable de l’air ambiant pour le pousser dans mes minuscules poumons, un jour de naissances comme tant d’autres. Depuis, je dessine (et j’écris) pour garder le sens cosmologique des choses. Je dessine (et j’écris) d’abord pour réapprendre ce que la femme et l’homme ont oublié. Ensuite, je dessine (et j’écris) pour restaurer ce qui peut encore l’être. Je suis un bienheureux, je dessine (et j’écris) pour perpétuer la respiration sur terre.

Je pratique, avec autant de bonheur, toutes les expressions du dessin sans hiérarchie, qu’il soit technique, didactique, d’observation, prosaïque ou poétique. Dessiner, remplir des carnets de notes, d’études et de remarques littéraires, de cartes mentales est ma manière pour penser les choses de la vie quelles qu’elles soient. L’écriture manuscrite emprunte pour moi la même voix que celle du dessin. Ce qui revient à comprendre que dessiner des lettres comme dessiner des formes concoure à maintenir mes sensibilités en éveil. Dessiner est ma langue maternelle, l’écriture, elle, reflète mes sensibilités paternantes, raison oblige.
Je ne dessine pas tous les jours de la semaine, parfois pas toutes les semaines du mois. Je ne dessine jamais pour garder la main et donc, jamais pour m’entraîner (pour faire mes gammes) et encore moins pour passer le temps (quelle horreur). Je dessine lorsque cela est nécessaire et irrépressible, souvent dans un abandon total. Hors du temps, je dessine lorsque je ne sais plus retenir le corps et que du souffle doivent émerger la forme et le trait. Le dessin est alors extrudé d’un seul élan, presque d’un seul geste. Présentement toujours renouvelable, mon dessin est foncièrement impermanent, comme la vie.
Je ne suis pas polyphonique. Je dessine une nuance à la fois, parfois deux, rarement plus. La couleur est trop complexe pour répondre à mon besoin de synthèse. Elle m’embrouille, elle m’éloigne et m’exile dans des territoires inhospitaliers. Ses ressources considérables (à qui je tourne bien souvent le dos) restent dès lors étrangère à ma pratique. Quelques fois indispensable, je m’efforce... Élément essentiel, je dois garder au papier tout son éclat, éviter tout maculage, je crains plus que tout le remplissage, le bavardage. Le dessin comme l’écriture est une épure, une synthèse qui requiert un dépouillement intégral.
Depuis les doigts de la main poussée aux extrémités des bras, le dessin est une incarnation, une danse du corps tout entier, le prolongement de celui-ci. Après les heures et les heures de charge, après les jours et les jours de constructions mentales, le dessin en lui-même, sa réalisation fugace, est un moment imprégné du schéma universel du fond des âges. Le temps de sa gestation et celui de son émancipation sont le temps gracile d’une existence ordinaire et merveilleuse qui traverse le vivant. Tous les dessins ont un public.

Malgré toutes ses ardeurs, le dessin « à plat » ne fait pas le tour de la question spatiale à laquelle je dois répondre pour mes besoins existentiels. Je dois dessiner l’habitat et tout ce qui rentre dedans et ce qui reste à l’extérieur. Il n’y a aucun vide. Tout est relié. Dessiner l’espace de deux pieds enracinés (ne pas tailler), laisser venir l’air et l’arbre l’un à l’autre, un ensemble indivisible. Ensuite, prendre la terre à bras le corps, faire voyager l’argile, la faire tournoyer à l’eau de pluie et au soleil.











